2019 – Les Folies d’Offenbach

2019 – Les Folies d’Offenbach

Les folies d’Offenbach

Note d’intention


Comment agencer des morceaux qui n’ont rien à voir les uns avec les autres – si ce n’est le style d’Offenbach, sa musique et son comique – et en faire une forme singulière ?

J’ai eu l’intuition que ce n’était pas en inventant une histoire rafistolée de bouts d’histoires et en tentant de fabriquer une opérette qu’Offenbach n’a pas écrite.

Je pense qu’il faut dénicher le burlesque dans une logique absurde qui nous est propre. Trouver le chemin pour faire cette balade dans l’œuvre d’Offenbach sans que le spectateur ait l’impression d’assister à un best off, ou à un spectacle bricolé de morceaux qu’on a fait rentrer au chausse-pied dans une histoire qui n’existe pas.
Autre intuition : Ça passera par le lieu

Je suis partie de cette réflexion : je ne voulais pas couper l’espace des musiciens du reste de l’action et je me suis demandée comment transformer la fosse en quelque chose qui serait en cohésion avec la scène.

Et tout à coup, cette fosse a fait naitre l’image d’une piscine. Puis tout s’est construit autour de cette image.

J’ai appris plus tard qu’en plongée, on appelait la piscine d’entrainement, plus profonde qu’une piscine classique, « une fosse »…

Voilà ce que je cherchais : un endroit où toutes sortes de rencontres improbables pourraient avoir lieu. Un endroit où peuvent se croiser des militaires en remise en forme, des duchesses venues reluquer les maitres nageurs, des couples qui se retrouvent dans les vestiaires et des nageuses synchronisées qui dansent le french cancan…

J’ai parlé de cette idée au scénographe, Daniel Fayet, et elle s’est mise à courir dans son imaginaire aussi vite que dans le mien.

Voilà donc le projet. Nous posons un lieu donné où tout peut arriver. Il devient le filtre par lequel se construisent les situations.

Nous  ne raconterons donc pas  une histoire,  mais  des histoires qui se produisent dans  ce lieu unique et décalé. – Marion Guerrero