Un grand bain d’Offenbach

JEAN-MARIE GAVALDA                                                                                                             

Lyrique. Un spectacle-hommage aux Folies d’O dans un décor de… piscine.

Aux Folies d’O, à Montpellier, on n’est pas superstitieux. La treizième édition de ce festival dédié à l’opérette et à la comédie musicale innove avec une nouvelle forme de spectacle. Aux traditionnelles productions (La Fille du régiment l’an dernier, et avant La Chauve-Souris, Orphée aux Enfers, Cabaret, West Side Story…) se substitue un hommage inédit à Jacques Offenbach dont on célèbre le 200e anniversaire de la naissance, le 20 juin 1819 à Cologne.

Combinant la musique et le théâtre, Les Folies Offenbach orchestreront une sélection de morceaux choisis parmi les perles du prolifique compositeur. Jérôme Pillement, directeur des Folies d’O et chef d’orchestre, a proposé à la metteuse en scène Marion Guerrero d’imaginer une dramaturgie et une scénographie pour ce best-of.

Lequel permettra de réécouter des extraits d’ouvrages offenbachiens déjà programmés au festival (La Belle Hélène, La Grande Duchesse de Gerolstein, La Vie Parisienne, La Périchole), et d’autres encore inédits au Domaine d’O (Les Contes d’Hoffmann, Les Brigands, Geneviève de Brabant, Le Voyage dans la lune).

« Dans ces airs, ces ensembles et ces chœurs, il y aura évidemment des morceaux célèbres mais pas uniquement, souligne Jérôme Pillement. On ne va pas faire une soirée dans le genre Victoires de la musique classique mais un vrai spectacle. »

Voilà le « défi » que doit relever Marion Guerrero. À l’Orchestre national et au Chœur de l’opéra de Montpellier, aux quatre chanteurs solistes, la metteuse en scène ajoute deux comédiens pour théâtraliser et relier ces Folies d’Offenbach. « Ce ne sera pas une narration linéaire, ni une biographie d’Offenbach. Pas question non plus de faire une histoire rafistolée pour tenter d’inventer une opérette qu’Offenbach n’a pas écrite », explique Marion Guerrero qui parle « d’évocation impressionniste dans l’esprit du compositeur ».

Ancienne élève de l’École nationale supérieure d’art dramatique (Ensad) de Montpellier, créatrice avec Marion Aubert de Tire pas la nappe, compagnie très active en région et ailleurs, Marion Guerrero retrouve dans la satire « grinçante, burlesque voire absurde » de Jacques Offenbach, des éléments de son univers de créatrice. Le plus difficile était de créer un espace unificateur un peu magique. La fosse des musiciens de l’amphithéâtre d’O lui a inspiré l’idée d’une piscine reliée à   la scène. « Un endroit où toutes sortes de rencontres improbables pourraient avoir lieu, poursuit-elle, où des militaires s’entraînent, où des duchesses viennent reluquer des maîtres nageurs, où des couples se retrouvent dans les vestiaires, où des nageuses synchronisées dansent le french cancan. »

Plongeoir

Et puis la piscine n’est-elle pas tendance en ce moment sur les écrans de cinéma ?

« Le spectacle doit aussi ménager un équilibre entre les formes musicales et les rôles », ajoute Jérôme Pillement, qui invite des interprètes familiers des Folies d’O, comme le baryton franco-argentin Armando Noguera, la soprano canadienne Mélanie Boisvert, le ténor français Loïc Felix. La mezzo Antoinette Dennefeld, jeune espoir du chant, sera également sur le plongeoir de ce grand bain d’Offenbach.

Jean-marie gavalda jmgavalda@midilibre.com

Amphithéâtre d’O à Montpellier les 2, 3 et 4 juillet (22 h). Également le 6 juillet (21 h30) au domaine de Bayssan à Béziers. folieslyriques.com